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LOW←TECH MAGAZINE

Pourquoi la révolution des machines à écrire est-elle nécessaire dans les bureaux?

Pouvons-nous entièrement repenser le matériel de bureau en combinant les meilleurs outils mécaniques et numériques ?

Traduit par: Alicia Bonnet

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La machine à écrire mécanique Olivetti par Sottsass, 1969. Source : eBay.

Le matériel numérique est l’un des principaux moteurs derrière la croissance rapide de la consommation d’énergie du travail de bureau. Pouvons-nous entièrement repenser le matériel de bureau en combinant les meilleurs outils mécaniques et numériques?

Le bureau artisanal (Antiquité — années 1870)

Le travail de bureau fait partie intégrante de l’humanité depuis la naissance des organismes sociaux, économiques et politiques, de structures administratives de l’État et de l’échange économique opérationnel. Les premiers bureaux furent fondés à l’Antiquité en Égypte, à Rome, à Byzance ou encore en Chine. La période comprise entre ces premières civilisations et le début de la révolution industrielle a été marquée par la stabilité des formes institutionnelles et des moyens du travail de bureau. 12

Les tâches principales dans le travail de bureau comprennent la rédaction : recopier des lettres et documents, ajouter des colonnes de chiffres, calculer et envoyer des factures, et tenir à jour les dossiers de transactions financières. 3 Les seuls outils étaient des stylos et des feuilles, ou plutôt des plumes (le stylo fut inventé dans les années 1850), et avant les années 1100, le monde occidental utilisait des pierres, de l’argile, du papyrus ou du parchemin.

Par conséquent, toute la rédaction et les duplications étaient faites à la main. Une personne devait recopier un document si elle avait besoin d’un autre exemplaire. Des fois, les lettres étaient recopiées deux fois : un exemplaire pour le dossier et un autre en cas de perte du premier. L’invention de l’imprimerie à la fin du Moyen Âge a permis aux scribes de ne plus recopier les livres, mais elle n’était pas adaptée à tous les types de documents. 4

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Source: Early Office Museum

La communication était principalement humaine. Les hommes préféraient utiliser leurs pieds que leurs mains : ils courraient pour apporter les nouvelles à leurs collègues, qu’elles soient écrites ou orales et peu importe l’endroit, que ce soit à l’intérieur du bâtiment, dans un autre pays ou sur un autre continent. Et enfin, tous les calculs se faisaient de tête, à l’aide de graphiques et tableaux mathématiques ou de simples outils comme le boulier (qui n’est pas une calculatrice, mais un moyen mnémotechnique similaire à poser un calcul).

Le bureau mécanisé (années 1870 — années 1950)

Avant la révolution industrielle, les affaires s’opéraient principalement sur les marchés locaux et régionaux. Leurs opérations internes étaient contrôlées et coordonnées par communication informelle au moyen de bouche-à-oreille, sauf en cas de longues distances où des lettres étaient nécessaires. À partir des années 1840, à une époque où les améliorations dans la technologie de fabrication créaient de potentielles économies d’échelles, le développement des réseaux ferroviaires et télégraphiques en Amérique du Nord encouragea la croissance du monde des affaires auprès de marchés plus larges. 5

Le mode de communication informel et principalement oral s’est effondré pour faire place à un système de communication formel complexe et vaste. Il dépend fortement de documents écrits de différentes manières, non seulement dans les affaires, mais aussi au sein du gouvernement. 5 Entre les années 1870 et 1920, la rédaction, la duplication et d’autres activités de bureau ont été mécanisées pour traiter ce flux d’informations.

La naissance du matériel de bureau et de gestion systématique a été accompagnée de trois autres tendances. La première fut l’impressionnante hausse du nombre d’employés de bureau, principalement des femmes, qui exploitaient ces machines. La seconde fut l’augmentation du nombre de bâtiments appropriés, destinés à accueillir rapidement la hausse du nombre d’employés et de machines. La dernière fut une division du marché, reflétant l’évolution dans les usines. Au lieu d’effectuer plusieurs activités, les commis devinrent responsables de sous-activités bien précises comme la saisie, le classement ou la gestion du courrier.

Cet article se concentre uniquement sur les machines de travail de bureau, et plus précisément, l’évolution de la consommation d’énergie. Tandis qu’il est impossible d’écrire une histoire complète sur le bureau sans prendre en compte le contexte économique et social, cette attention sur les machines révèle les problèmes importants qui n’ont pas été traités dans les récits historiques du travail de bureau.

Les machines à écrire

La machine à écrire est l’invention majeure de la révolution informatique du 19e siècle. Elle est apparue pour la première fois en 1874 et s’est répandue avant l’année 1900. (Ces dates correspondent aux États-Unis d’où est originaire le travail de bureau). La rédaction manuscrite est devenue obsolète après la création de la machine à écrire. La saisie uniformise l’apparence du texte et est environ cinq fois plus rapide que la rédaction. Cependant, l’influence de la machine à écrire est beaucoup plus importante que le simple fait d’écrire.

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Machine à écrire portable Underwood, années 1930. Source: Typewriter Heaven

L’utilisation combinée de la machine à écrire et du papier carbone, une invention du 19e siècle, est un autre gain de temps pour la duplication de textes. Ce papier fin recouvert d’une couche d’encre était placé entre des feuilles normales. Contrairement à une plume ou un stylo, la machine à écrire fournissait une pression suffisante pour taper un texte une seule fois et en produire jusqu’à 10 exemplaires. Elle est aussi compatible avec le duplicateur à stencil qui est apparu pour la première fois autour de la même époque et pouvait produire un grand nombre d’exemplaires. Si l’on considère l’importance de la rédaction et de la duplication, la machine à écrire fut révolutionnaire. 47

Le temps que les commis consacraient à la rédaction et à la duplication resta le même, tandis que la production de documents papier augmenta considérablement. Au début du 20e siècle, il devint évident que les anciennes méthodes de stockage de documents (empilés dans des tiroirs ou accrochés sur des clous) était inadaptées face aux piles grandissantes de papiers. Le classeur vertical fut donc inventé et le stockage d’informations dans un espace donné a pu être beaucoup plus conséquent. 48

Les calculatrices mécaniques

La machine à écrire a rapidement évoluée vers une gamme de machines à usage général et spécial, comme l’ont fait les ordinateurs cent ans après. Il y eut des sténotypes (augmentant encore plus la vitesse d’écriture), des machines à écrire sur livres (pour taper sur des livres reliés ouverts), des machines à écrire automatiques (pour taper des lettres contrôlées par une bande de papier perforée), des machines à écrire ultraportables et de poche (pour écrire des lettres courtes et des notes en dehors du bureau), des machines comptables (pour compter et écrire), et des téléimprimeurs (pouvant activer une autre machine à écrire à distance par le biais du réseau télégraphique). 47 Ces deux dernières seront plus détaillées par la suite.

Les machines à calculer mécaniques étaient aussi un outil essentiel dans le nouveau bureau mécanisé. « Pour les commis, les machines de mathématiques sont ce que la foreuse est à l’ouvrier de métro », cite un manuel de gestion de bureau de 1919. 9 Les calculatrices mécaniques pouvaient additionner, soustraire et diviser par le mouvement de leurs pièces. Beaucoup de ces machines étaient composées d’un clavier du même style que celui de la machine à écrire, avec une colonne pour chaque chiffre (clavier complet). Les nombres étaient donc tapés plus rapidement qu’avec un outil plus compact de dix touches, très répandu dans les années 1950. 10

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Calculatrice mécanique Monroe, modèle K-20, 1921. La Smithsonian Institution.

Les outils conçus spécialement pour les additions (et parfois les soustractions) étaient appelés des « machines à additionner ». Additionner de longues listes de nombres était fréquent pour beaucoup d’applications d’entreprise. En matière de mathématiques, peu de bureaux fonctionnaient de manière plus sophistiquée. Le comptometer fut la première machine à additionner utilisée quotidiennement pour le travail de bureau, il fut présenté pour la première fois en 1886. 410 Au début des années 1900, la machine à écrire et la machine à additionner ont été combinées en une seule machine, appelée parfois machine comptable, qui est devenue la machine de base dans le traitement des données financières.6

Les téléimprimeurs

L’invention du télégraphe (années 1840) et du téléphone (années 1870) ont aussi eu un très grand impact sur le travail de bureau. La machine à écrire, en plus de son utilité dans le monde du travail et les bureaux du gouvernement, devint aussi un outil essentiel dans les bureaux de télégraphe. Au départ, le télégraphiste réceptionnait les messages entendus en code Morse transmis par le sondeur et les retranscrivait directement à la machine à écrire. 11 Au début des années 1900, une machine à écrire spéciale, appelée « téléimprimeur » ou « télétype », fut conçue pour transmettre et recevoir des messages télégraphiques sans avoir besoin d’un opérateur entraîné au code Morse. 12

Lorsqu’un télégraphiste tapait un message, le téléimprimeur envoyait des impulsions électriques au téléimprimeur au bout de la ligne, qui tapait automatiquement le même message. À partir des années 1920, les téléimprimeurs devinrent des outils communs dans les bureaux d’entreprises, organisations gouvernementales, banques et agences de presse. Ils étaient utilisés pour échanger des données sur des réseaux privés entre les différents départements d’une organisation et ainsi remplacer les messagers. 11

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Nouveau manipulateur Morse pour les amateurs de radio. Source: Milestone Technologies.

Les commutateurs centraux, nés dans les années 1930, furent conçus pour qu’un abonné puisse communiquer par téléimprimeur avec n’importe quel autre abonné du service. Ce fonctionnement est similaire à celui du réseau téléphonique, à la différence d’envoyer des messages écrits. Ces commutateurs ont donné naissance au réseau mondial Télex, aujourd’hui disparu. Le Télex permettait d’envoyer des messages écrits de manière instantanée ou synchronisée, comme les chats ou e-mails d’aujourd’hui, ou encore comme les échanges de SMS sur le réseau téléphonique (les téléimprimeurs utilisaient parfois le réseau télégraphique sans fil). Le Télex était aussi utilisé pour diffuser l’actualité ainsi que d’autres informations reçues sur des téléimprimeurs. 11

L’empreinte énergétique du bureau mécanisé

Le matériel de bureau apparu à la fin du 19e siècle fut utilisé jusqu’à la fin des années 1970 avant d’être remplacé par les ordinateurs. De nos jours, il est considéré comme obsolète, mais, en y regardant de plus près, la supériorité des outils informatiques d’aujourd’hui n’est pas si flagrante qu’on pourrait le penser. En effet, si l’on compare la consommation d’énergie de ces deux types d’outils, cette supériorité est remise en doute. Bien qu’elle propose des améliorations impressionnantes par rapport aux premières méthodes et les mêmes fonctions que la technologie numérique actuelle, la majorité des outils de bureau décrit ci-dessus ont fonctionné manuellement pendant des décennies. 13

La première machine à écrire électromécanique à succès, la IBM Electromatic, fut présentée en 1935, mais la grande révélation fut seulement en 1961, grâce au succès des machines à boule IBM Selectric. Contrairement à la machine à écrire traditionnelle, cette machine fonctionne avec un élément de saisie interchangeable, surnommé la « balle de golf » qui se déplace le long de la feuille, sur les lettres que vous tapez. 1314

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Un standard téléphonique international système Bell en 1943.

Même si des moteurs électriques étaient déjà utilisés sur des calculatrices mécaniques en 1901, les calculatrices électriques se sont fait connaître entre les années 1930 et 1950, selon les modèles. Les calculatrices Odhner restèrent manuelles jusqu’à leur disparition dans les années 1970. 13

Contrairement aux machines à écrire et machines à calculer, l’électricité était la source du fonctionnement du téléphone et du télégraphe. Cependant, comparée à nos réseaux de communication actuels, la consommation d’énergie était très faible : jusqu’à la fin des années 1950, quasiment tous les routages et commutations des services téléphoniques et télégraphiques étaient effectués par des opérateurs humains qui branchaient des câbles dans des panneaux. 1115

Le bureau numérique (années 1950 — aujourd’hui)

Avec l’arrivée de l’ordinateur, toutes les activités de bureau devinrent électriques. L’ordinateur apparut dans les années 1950, mais ne fut pas utilisé régulièrement dans les bureaux avant le milieu des années 1980. La lecture, l’écriture, la duplication, le traitement des données, la communication et le stockage d’information sont devenus totalement dépendants de l’électricité.

Les écrans, imprimantes et scanneurs

L’ordinateur remplace les autres machines dans les bureaux comme les machines à calculer, les machines comptables, les téléimprimeurs et les classeurs verticaux. On pourrait presque dire que l’ordinateur représente le bureau. Après tout, son interface est inspirée du travail de bureau : il a un « bureau », des « fichiers », des « dossiers » et une « corbeille ». 16 De plus, on peut y envoyer et recevoir des « courriers », passer des appels et organiser des réunions (virtuelles) en face à face.

Cependant, en y regardant de plus près, il est évident que l’arrivée des ordinateurs a influencé l’apparition du nouveau matériel de bureau qui, à l’instar de l’ordinateur, est essentiel au travail de bureau. Les outils les plus importants sont les imprimantes, scanneurs, écrans et nouveaux « ordinateurs » comme les serveurs de données, smartphones ou tablettes. L’électricité est nécessaire au fonctionnement de ces machines.

Les écrans et serveurs de données ont été créés, car l’ordinateur présente une alternative à la dépense de papier : le format électronique. Contrairement à toutes les attentes, ce support n’a pas remplacé le format papier, entraînant ainsi la naissance des imprimantes et des scanneurs. Bien que les documents peuvent être lus, écrits, transmis, stockés et extraits au format numérique, ces deux formats peuvent être utilisés l’un avec l’autre selon les tâches demandées.

En dépit de l’ordinateur, et plus tard d’Internet, le papier demeure un outil phare de la vie de bureau. Une enquête de 2012 conclut que « la plupart des bureaux que nous avons visités étaient plus ou moins remplis de papiers ». 17 L’utilisation des ressources continue donc d’augmenter : en plus de la consommation d’électricité pour les outils numériques, nous devons aussi ajouter les ressources nécessaires à la création du papier.

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L’ingénieur informatique, Bob Braden, à son bureau en 1996. Photo : Carl Malamud.

Dans leur livre The Myth of the Paperless Office, publié en 2002, Abigail Sellen et Richard Harper enquêtent sur les motivations des employés de bureau, en particulier les groupes d’employés intellectuels, qui continuent d’utiliser du papier malgré les facilités d’accès aux nouvelles technologies. 8

Ils commentent le fait que leur réticence à changer n’est pas uniquement une question de résistance irrationnelle : « Ces individus utilisent du papier à certaines étapes de leur travail, car la technologie qui leur est proposée ne répond pas à tous leurs besoins. » Évidemment, les documents numériques sont plus avantageux que les documents papier. Cependant, les documents papier ont aussi des avantages uniques qui sont trop souvent ignorés.

Par exemple, il a été démontré que les employés de bureau accumulent toutes sortes d’agencements papiers sur, ou près de, leurs bureaux, leur rappelant les différents problèmes ou les préparant aux différentes tâches. Les ordinateurs ne reproduisent pas cette accumulation physique. L’échange d’informations, par exemple dans les réunions, est une autre pratique commune dans les bureaux où le papier est utilisé.   Les actions nécessitant du papier sont, à un large niveau, visibles par les collègues, facilitant ainsi l’interaction sociale. En comparaison, lorsqu’on utilise un ordinateur portable, il est impossible de savoir ce que regardent les personnes présentes dans une réunion. 817

Bienvenue dans le monde des bureaux « sans papier »

Cependant, il ne faut pas oublier que le papier est le support préféré pour la lecture de documents. Les activités les plus importantes du travail intellectuel moderne telles que naviguer rapidement et facilement dans et entre les documents, étudier plusieurs documents simultanément et pouvoir les annoter s’avère plus aisé avec des documents papier. 8

Bien que les documents électroniques proposent des moyens d’annotations, ce n’est jamais aussi simple qu’avec un papier et un crayon. De même, naviguer sur des documents numériques peut-être lent et frustrant. Il faut se détacher d’une activité en cours, car cette navigation repose sur un affichage limité et une saisie à une main. Lors de la création d’un document, l’ouverture de plusieurs fenêtres sur un ordinateur ne fonctionne pas pour faire des renvois à d’autres documents, à cause de la lenteur de navigation entre les documents et de l’espace restreint sur l’écran. 8

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Les Bureaux « Sans Papier ». www.Multi-Monitors.com.

L’utilisation de plusieurs écrans d’ordinateur (et l’utilisation simultanée de plusieurs ordinateurs) est un moyen de faire face aux limites intrinsèques des supports numériques et de créer une ressemblance avec du papier. Avec plusieurs écrans, il est possible de naviguer entre plusieurs documents pour lire ou écrire. Des recherches ont démontré que travailler avec plusieurs écrans améliore la productivité chez les employés de bureau. Ce résultat reflète les arguments de Sellen et Harpers sur l’importance du papier. 18192021

L’utilisation de plusieurs écrans est de plus en plus fréquente dans les espaces de travail et l’augmentation de l’espace d’affichage n’est pas limitée à deux écrans par employé de bureau. 1921 Des gammes intégrales de douze écrans individuels sont vendues au prix de 2 767 €. 22 Une des dernières nouveautés est l’écran portable USB. Ces écrans sont prévus pour les employés qui voyagent, mais sont tout aussi pratiques dans les bureaux. Ils ont leur propre gamme de matériel dédié, il n’est donc pas nécessaire de mettre tout le travail d’un autre écran dans l’ordinateur, et il est possible de connecter jusqu’à cinq écrans portables sur un ordinateur. 23 Des claviers tactiles multipoints, déjà disponibles à la vente, pourraient résoudre le problème des annotations.

L’empreinte énergétique du bureau numérique

Le problème des écrans multiples est qu’ils augmentent énormément la consommation d’énergie. Ajouter un second écran à un ordinateur double la consommation d’électricité, en ajouter cinq la triple. Utiliser une gamme de 12 écrans sur un ordinateur adapté consomme plus de 1 000 watts. Si la consommation de papier peut être réduite avec l’utilisation des écrans d’ordinateur, les ressources de papier consommées seront compensées par une utilisation plus importante des outils numériques.

Une situation similaire est arrivée avec le stockage d’informations et la communication. Le stockage numérique réduit l’utilisation de papier, l’espace de stockage et le transfert. Pour rendre ces informations numériques facilement accessibles, les serveurs de données (les classeurs verticaux de l’ère numérique) doivent consommer de l’énergie 24h/24. L’ordinateur augmente la production de documents de la même façon que la machine à écrire fonctionne avec le papier carbone. Depuis l’arrivée d’Internet, les gens ont accès plus facilement aux informations, ce qui augmente les documents numériques et papier. Tous les outils numériques, imprimantes et photocopieurs abordables, rapides et de bonne qualité, encouragent la reproduction de documents papier. 8

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Beaucoup d’écrans. Live Wall Media

L’ordinateur augmente la consommation d’énergie de différentes façons. Tout d’abord, la technologie numérique entraîne un surplus d’énergie pour la climatisation, première énergie consommée dans les bureaux. Une enquête de 2011 rapporte le calcul de la consommation d’énergie dans deux scénarios potentiels et conclut que si l’utilisation de technologies numériques au bureau continue d’augmenter, il serait impossible de concevoir un bureau pouvant rester frais sans climatisation. 24 Dans le scénario d’une explosion technologique, tous les employés de bureau auraient deux écrans d’ordinateurs de 24’’, un clavier tactile de 27’’ et une tablette. Dans le scénario extrême, un mur médiatisé pour 20 employés serait installé dans la salle de pause.

En plus de la consommation d’énergie dédiée au fonctionnement et à le climatisation, la consommation d’énergie relative à la phase de fabrication est également plus élevée. L’énergie utilisée pour la fabrication d’une machine à écrire était répartie sur plusieurs décennies d’utilisation. D’un autre côté l’énergie nécessaire à la fabrication d’un ordinateur est un coût régulier, car ils doivent être remplacés environ tous les trois ans. Internet, qui a submergé les infrastructures téléphoniques et télégraphiques, est devenu un autre secteur exigeant une forte demande d’énergie. Le réseau, qui s’occupe du fonctionnement et des échanges d’informations numériques, consomme presque autant d’énergie que les ordinateurs à utilisation finale connectés à Internet.

Le bureau du futur à basse énergie

La machine à écrire était aussi révolutionnaire dans les années 1900 que l’ordinateur aujourd’hui. Ces deux outils ont transformé l’environnement de travail. Cependant, si l’on considère la consommation d’énergie, la différence évidente est que la seconde révolution de l’information a engendrée des coûts beaucoup plus élevés en matière d’énergie. Peut-être que nous devrions regarder de plus près le matériel pré-numérique de bureau et ainsi voir ce qu’on peut en tirer.

Au cours des dix dernières années, la machine à écrire eut une incroyable renaissance grâce aux artistes et écrivains, une tendance qui fut récemment reportée dans The Typewriter Revolution: A typist Companion for the 21st Century (2015). 14 Tout comme le papier, la machine à écrire possède des avantages uniques. Évidemment, une machine à écrire manuelle n’a pas besoin d’électricité pour fonctionner. Si elle a été fabriquée avant les années 1960, elle a été fabriquée pour durer plus longtemps que la vie d’un être humain. Une machine à écrire ne possède pas de système d’exploitation et ne sera donc jamais obsolète, de plus, elle peut être réparée facilement avec des outils basiques. Si on compare les entrées d’énergie avec de simples mesures adéquates, elle obtient un meilleur score que l’ordinateur.

Il y a aussi des avantages pratiques : une machine à écrire est toujours prête à être utilisée, elle n’a pas besoin d’antivirus ou de mise à jour de logiciels, elle ne peut pas être piratée ou espionnée et c’est une machine avec un seul objectif qui force son utilisateur à se concentrer sur ce qu’il écrit (ce qui explique son succès chez les écrivains et les poètes). Il n’y a pas d’e-mails, alertes, messages, moteurs de recherche et publicités internet.

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The Typewriter Manifesto. Source : The Typewriter Revolution 14

Pour les employés de bureau et les employés intellectuels en particulier, une machine à écrire peut être aussi utile qu’elle l’est pour un poète. Les ordinateurs ont amélioré la productivité, mais aujourd’hui ils sont « connectés à l’invention la plus distrayante jamais créée » : Internet. 14 Des études démontrent que les activités du web font partie des distractions causant un retard dans la productivité des employés de bureau. 2526 De nombreuses applications en ligne sont spécialement conçues pour créer une dépendance. 27

Une machine à écrire force les gens à écrire différemment, en combattant les distractions dans la rédaction elle-même. Il n’y a pas de touche permettant d’effacer ni de fonction pour copier-coller. Avec l’ordinateur, l’édition est « devenue une partie de la rédaction dès le début, rendant l’écrivain anxieux de toutes ses décisions ». 28 De l’autre côté, la machine à écrire force l’écrivain à penser ses phrases avant de les écrire et de continuer au lieu de revenir en arrière et de les réécrire. 14

Le bureau à « retour dans le temps » durable

Comment ramener la machine à écrire, et autre matériel pré-numérique, dans le bureau moderne ? Il existe trois stratégies. La plus radicale est de remplacer tous les outils numériques par des outils mécaniques et remplacer tous les serveurs de données par des feuilles stockées dans des classeurs verticaux. En d’autres mots : remonter le temps.

La consommation d’énergie serait réduite et cette option est sûrement la plus prometteuse. Malgré tous leurs avantages, sans électricité, les ordinateurs n’ont aucune utilité. Néanmoins, cette stratégie n’est pas optimale, car nous perdrions tous les avantages qu’un ordinateur peut offrir. « L’ennemi n’est pas l’ordinateur en soi, c’est toute la mentalité informatique qui l’entoure », écrit Richard Polt dans The Typewriter Revolution. 14

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Royal Quiet DeLuxe, 1953. Machines of Loving Grace

Une autre stratégie est d’utiliser les outils mécaniques de bureau en parallèle des outils numériques. L’utilisation des deux types de technologie réduirait la consommation d’énergie. La machine à écrire peut être utilisée pour écrire et l’écran d’ordinateur pour lire, ce qui économise un écran et une imprimante. Une machine à écrire peut aussi être utilisée avec une tablette à basse consommation au lieu d’un ordinateur portable ou d’un PC, car, dans cette optique, le clavier n’est pas nécessaire.

Une fois terminé, ou prêt pour la dernière édition au format numérique, un texte écrit à la machine à écrire peut être numérisé dans un ordinateur. Il peut être scanné et enregistré en tant qu’image ou converti au format numérique par un logiciel de reconnaissance optique de caractères (OCR). Ce processus implique l’utilisation d’un scanneur ou d’un appareil photo numérique. Cependant, ces outils consomment moins d’énergie qu’une imprimante, un second écran ou un ordinateur portable. En relançant la machine à écrire dans le bureau numérique, l’utilisation de l’ordinateur pourrait être réduite au fur et à mesure et la « nécessité » d’un deuxième écran disparaîtrait.

Le bureau durable low-tech

La troisième stratégie est de repenser le matériel de bureau en combinant les meilleurs outils mécaniques et numériques. Cette stratégie serait la plus intelligente, car elle offre une longue durabilité et une haute résistance tout en gardant au maximum les réussites du numérique. Un tel bureau low-tech demande une révision du matériel de bureau et peut être combiné avec un internet low-tech et une infrastructure électrique .

Les machines à écrire électroniques

Pour la rédaction low-tech, quelques outils sont disponibles. Un bon exemple est la Freewrite, une machine qui est apparue sur le marché plus tôt cette année après une campagne de crowdfunding réussie. 29 Comme la machine à écrire, cette machine est sans distraction, car elle est seulement utilisée pour écrire et est toujours prête à l’emploi. Cependant, contrairement à la machine à écrire, elle a un écran électronique de 5’’, peut stocker un million de pages et offre une connexion Wifi pour effectuer des sauvegardes sur le cloud. Les fichiers sont sauvegardés dans un format de texte brut pour assurer une fiabilité maximale, un fichier de taille minimale et un soutien de plus longue durée.

La touche Retour Arrière est le seul moyen de naviguer dans le texte à travers le petit écran qui n’affiche que dix lignes. Les étapes de rédaction et d’édition ont été séparé pour inciter l’écrivain à continuer. Pour l’édition et l’impression, le texte est transféré dans un ordinateur grâce à la connexion Wifi.

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La Freewrite.

L’outil est conçu pour avoir « plus de 4 semaines d’autonomie avec un usage normal », ce qui est défini comme une utilisation d’une demi-heure par jour avec le Wifi désactivé. C’est un moyen étrange pour indiquer que l’outil a une autonomie de 14 h par charge. Lorsque j’ai demandé aux fabricants quelle énergie était nécessaire, ils m’ont répondu qu’ils ne « communiquent pas ce genre d’information ». Cependant, une autonomie de 14 h est déjà triple par rapport à l’autonomie moyenne d’un ordinateur portable.

L’outil de traitement de texte

Un autre type de machine à écrire numérique est l’outil de traitement de texte. Avant que le traitement de texte devienne un logiciel sur un ordinateur dans les années 1980, c’était un outil autonome. Tout comme une machine à écrire, l’outil de traitement de texte est utilisé pour rédiger, mais aussi pour éditer un texte avant de l’imprimer. Bien que les outils de traitement de texte fonctionnent comme les ordinateurs, ils ne sont pas programmables et n’ont qu’une seule utilité. 3031

Le plus gros avantage d’un outil de traitement de texte est que la rédaction et l’édition peuvent se faire sur la même machine. Une machine à écrire ou une machine comme Freewrite demande une autre machine pour l’édition (sauf si vous écrivez plusieurs versions du même texte). L’outil de traitement de texte a disparu virtuellement quand l’ordinateur est apparu. Une exception est AlphaSmart, qui fut produit de 1992 à 2013.

Cette machine portable persiste et est toujours très commercialisée sur Internet. Elle a développé un mouvement, en particulier chez les écrivains. L’AlphaSmart a été conçu comme un ordinateur abordable pour les écoles, mais son prix bas ne fut pas son seul charme. Cette machine correspondait à un outil dont pourrait avoir besoin les enfants pour se concentrer sur la rédaction et non l’édition ou le formatage de texte. Bien qu’elle possède toutes les capacités d’édition, son petit écran (affichant 6 lignes dans le dernier modèle) incite à écrire plutôt qu’éditer.

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 L’Alphasmart.

L’AlphaSmart est notamment connue pour son efficacité énergétique, car elle consomme aussi peu d’électricité qu’une calculatrice électronique. Le dernier modèle a une autonomie de 700 heures avec juste trois piles AA, ce qui équivaut à une consommation de 0,01 watt. Cette machine a un clavier complet, mais un écran de la taille de celui d’une calculatrice, qui requiert peu d’électricité. Elle a une mémoire limitée et se met en veille entre les frappes. L’AlphaSmart peut être connectée directement à une imprimante par câble USB, surpassant ainsi un ordinateur si l’objectif est de produire un document papier. Le transfert de texte à l’ordinateur pour un envoi numérique, stockage ou un complément d’édition se fait aussi par câble. 3233

Une version high-tech plus récente de la machine est sortie en 2002: l’AlphaSmart Dana. Elle fut équipée du Wifi afin de pouvoir transmettre des documents, a 40 fois plus de mémoire que ces prédécesseurs et a un écran tactile. Le résultat fut que l’autonomie de la batterie chuta à 25 heures, montrant ainsi la vitesse à laquelle la consommation d’énergie des technologies numériques peut monter en flèche, même si cette machine ne consomme que 0,14 watt d’énergie, soit 100 fois moins qu’un ordinateur normal. 3233

Évidemment, le bureau low-tech ne bannit pas l’ordinateur, cet outil capable de tout faire. Une petite tablette et un clavier sans fil peuvent fonctionner pour seulement 3W d’électricité et la plupart des capacités d’un ordinateur portable (y compris les distractions). L’ordinateur Raspberry Pi est une alternative à l’utilisation de la tablette, combinée avec un écran portable USB. Selon les modèles, le Raspberry Pi consomme de 0,5 à 2,5 watts, avec un supplément de 6 ou 7 watts pour l’écran. Un Pi peut être utilisé comme un ordinateur avec accès à Internet, mais il est aussi très adapté au traitement de texte sans distraction et sans accès à Internet. De telles machines peuvent être alimentées par des systèmes solaires de petite taille pour s’adapter au coin d’un coin de bureau.

Les imprimantes matricielles

À moins de relancer les machines à écrire, les bureaux ont aussi besoin d’un moyen d’impression durable. Depuis les années 1980, la plupart des impressions dans les bureaux se faisaient par imprimante laser. Ces machines consommaient énormément d’énergie. Même en prenant en compte leur rapidité d’impression, une imprimante laser consomme 10 à 20 fois plus d’électricité qu’une imprimante à jet d’encre. 34 Malheureusement, les imprimantes à jet d’encre sont beaucoup plus coûteuses, car les fabricants tirent profit de la vente de cartouches d’encre hors de prix.

Jusqu’à l’arrivée des imprimantes laser, toutes les impressions dans les bureaux se faisaient par imprimantes matricielles. Leurs consommations d’énergie et rapidité d’impression sont comparables à celles des imprimantes à jet d’encre, mais elles sont beaucoup plus abordables. Il s’agit en fait de la technologie d’impression la moins chère. Tout comme la machine à écrire, l’imprimante matricielle utilise un ruban encreur. Ces rubans sont vendus comme des produits de base et ne coûtent quasiment rien. Contrairement à la machine à écrire, les caractères individuels d’une imprimante matricielle sont composés de petits points.

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Une imprimante matricielle.

Les imprimantes matricielles sont toujours en vente sur le marché pour les applications qui nécessitent des coûts d’impression importants. Bien qu’elles ne soient pas adaptées pour les impressions en couleurs ou les impressions d’images, elles sont parfaites pour les textes. Elles sont parfois placées sous des capots d’insonorisation, car elles font beaucoup de bruit. Il n’existe pas d’alternative low-tech pratique pour le photocopieur qui est apparu dans les années 1950. Cependant, puisqu’un photocopieur est un mix entre un scanneur et une imprimante laser, la duplication de documents papier pouvait être effectuée en combinant un ordinateur avec un scanneur et une imprimante matricielle ou à jet d’encre.

La société de l’information promet de dématérialiser la société et de la rendre plus durable, mais le bureau moderne et le travail intellectuel sont aujourd’hui des activités qui consomment énormément d’énergie et autres ressourcesà un rythme de plus en plus rapide. Choisir du matériel de bureau low-tech serait un bon début pour résoudre ce problème. Une telle stratégie est particulièrement significative dans la mesure où l’énergie consommée est beaucoup plus importante que la consommation habituelle.

Kris De Decker

Merci à Elizabeth Shove, qui m’a donné les références dont j’avais besoin, à Karolien Buurman et Thomas Op de Beeck qui m’ont fait redécouvrir l’imprimante matricielle.


  1. Evolution of the office building in the course of the 20th century: Towards an intelligent building, Elzbieta Niezabitowska & Dorota Winnicka-Jaskowska, in Intelligent Buildings International, 3:4, 238-249, 2011. 

  2. Economy and Society, Max Weber, 1922. 

  3. Woman’s place is at the typewriter, Margery W. Davies, 1982. Quoted by the Early Office Museum 

  4. Machines in the Office, Rodney Dale and Rebecca Weaver, 1993. 

  5. Control through Communication: The Rise of System in American Management (Studies in Industry and Society), JoAnne Yates, 1989 

  6. Innovation Junctions: Office Technologies in the Netherlands, 1880-1980, Onno de Wit, Jan van den Ende, Johan Schot and Ellen van Oost, in Technology and Culture, Vol. 43, No. 1 (Jan., 2002), pp. 50-72 

  7. Early Office Museum, website. 

  8. The Myth of the Paperless Office (MIT Press), Abigail Sellen and Richard Harper, 2003. 

  9. Office Management, Geoffrey S. Childs, Edwin J. Clapp, Bernard Lichtenberg, 1919. 

  10. Calculating Machines, Adding Machines. Smithsonian National Museum of American History 

  11. The Myth of the Paperless Office (MIT Press), Anton A. Huurdeman, 2003. 

  12. Teleprinter, Encyclopedia Britannica. 

  13. Personne ne semble avoir étudié la consommation d’énergie du matériel du bureau prénumérique donc la source de cette information est une recherche en ligne dans les bases de données d’eBay, de la Smithsonian Institution et du Early Office Museum, ainsi que quelques informations de sources secondaires. Par exemple, une enquête de 1949 sur le matériel utilisé dans les cours sur les machines de bureau dans les lycées dans l’État du Massachussetts démontre que la majorité des machines à écrire, calculatrices, machines à additionner, duplicateurs et machines à adresser fonctionnaient manuellement, bien que la plupart de ces machines dataient de moins de 10 ans. 

  14. The Typewriter Revolution: A Typist’s Companion for the 21st Century, Richard Polt, 2015 

  15. Gift of Fire, A Social, Legal, and Ethical Issues in Computing, Sara Baase, 1997 

  16. How the computer changed the office forever, BBC News, August 2013. 

  17. Mundane Materials at Work: Paper in Practice, Sari Yli-Kauhaluoma, Mika Pantzar and Sammy Toyoki, Third International Symposium on Process Organization Studies, Corfu, Greece, 16-18 June, 2011. 

  18. Productivity and multi-screen computer displays (PDF), Janet Colvin, Nancy Tobler, James A. Anderson, Rocky Mountain Communication Review, Volume 2:1, Summer 2004, Pages 31-53. 

  19. Evaluating user expectations for widescreen content layout, Joseph H. Goldberg and Jonathan Helfman, Oracle, 2007 

  20. Are two monitors better than one?, J.W: Owens, J. Teves, B. Nguyen, A. Smith, M.C. Phelps, Software Usability Research Laboratory, August 2012 

  21. Are two better than one? A comparison between single and dual monitor work stations in productivity and user’s windows management style. Chen Ling, Alex Stegman, Chintan Barhbaya, Randa Shehab, International Journal of Human-Computer Interaction, September 2016 

  22. http://www.multi-monitors.com/Twelve_Monitor_Display_Arrays_s/53748.htm 

  23. The best USB-powered portable monitors, Nerd Techy, 2016 

  24. Trends in office internal gains and the impact on space heating and cooling, James Johnston et. al, CIBSE Technical Symposium, September 2011 

  25. Employees waste 759 hours each year due to workplace distractions, The Telegraph, June 2015 

  26. Internet Addiction: A New Clinical Phenomenon and Its Consequences, Kimberly S. Young, American Behavioral Scientist, Vol. 48 No.4, December 2004. 

  27. The Binge Breaker, The Atlantic, November 2016. 

  28. The future of writing looks like the past, Ian Bogost, The Atlantic, May 2016. 

  29. Freewrite, website. 

  30. Word Processing (History of), Encyclopedia of Library and Information Science, Vol. 49, pp. 268-78, 1992. 

  31. A brief history of word processing (through 1986), Brian Kunde. 

  32. AlphaSmart: a history of one of Ed-Tech’s Favorite (Drop-Kickable) Writing tools, Audrey Watters, Hackeducation, July 2015. 

  33. AlphaSmart: Providing a Smart Solution for one Classroom-Computing “Job”, James Sloan, Inno Sight Institute, April 2012. 

  34. Zeven instap zwart-wit laserprinters vergelijktest, Hardware.info, December 2014. Les données ont été corrigées pour la rapidité d’impression de l’imprimante laser. 

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